Journée supplémentaire en crèche ONE : ce que le contrat autorise vraiment
Par Cyril Polizzi — fondateur de Solencis Kids, ancien directeur de crèche.
Une journée supplémentaire en crèche ONE, c'est presque toujours la même scène : un parent appelle le matin, un imprévu l'oblige à confier son enfant un jour qui n'était pas prévu. La direction doit répondre tout de suite. Le contrat d'accueil type prévoit cette situation — et il est plus simple que ce qu'on en dit souvent.
Cet article s'en tient à ce que les documents officiels écrivent : la clause exacte, la condition qu'elle pose (une seule), le cas très fréquent où la question ne se pose même pas, et ce qu'une crèche n'a pas le droit d'ajouter au contrat.
Ce que dit le contrat d'accueil type ONE
Depuis l'arrêté du 2 mai 2019, le contrat d'accueil n'est plus un texte libre : son article 11 impose au pouvoir organisateur d'établir un contrat selon le modèle élaboré par l'ONE, et en fait une condition d'autorisation. Les modèles ont été approuvés par le Conseil d'administration de l'Office le 29 avril 2020. La clause sur les journées non prévues y tient en une phrase :
Une seule condition, donc : la capacité d'accueil. Le mot « moyennant » ne porte que sur elle. Le verbe « pourra » dit le reste — le milieu d'accueil *peut* accepter, il n'y est pas tenu. Et l'accueil demeure « à titre exceptionnel », c'est-à-dire ponctuel : il ne modifie pas le contrat de base.
Horaires variables : le plus souvent, ce n'est même pas une exception
C'est le point qu'on oublie, et il change la réponse pour beaucoup de familles. La clause ci-dessus vise les journées non prévues au contrat. Or pour les horaires variables, le contrat type organise justement la réservation au fil de l'eau, par la fiche de présences :
Autrement dit : si la famille a un horaire variable et que le jour demandé entre encore dans une réservation ouverte, il n'y a pas de « journée supplémentaire » à accorder — il y a une présence à réserver. La clause exceptionnelle ne sert que pour ce qui sort de la fiche. Le contrat prévoit d'ailleurs qu'« il peut être dérogé à cette fiche de présences type » de commun accord entre le milieu d'accueil et les parents.
Facturation : journée ou demi-journée, rien d'autre
Le contrat type ne crée aucun tarif particulier pour une journée accordée en plus. Elle se facture comme les autres, et le seul partage qui compte est celui de la durée :
À ne pas confondre avec une absence. Le contrat type fixe par ailleurs un nombre maximum d'absences annuelles justifiées — plafonné à 30 jours, dont il faut déduire les jours de fermeture du milieu d'accueil, et à proratiser selon le taux de fréquentation de l'enfant. Une journée accordée en plus n'entame pas ce quota : elle n'a rien à voir avec lui.
Ce qu'une crèche ne peut pas ajouter au contrat
Beaucoup de milieux d'accueil veulent encadrer ces demandes : exiger un accord écrit de la direction, un délai de prévenance, un supplément. L'intention est saine — mais cela ne s'écrit pas dans son coin. Le Flash Accueil n°41 de l'ONE est net :
Et si la crèche modifie son contrat, l'ordre des opérations est imposé — l'Office d'abord, les parents ensuite :
Une journée ponctuelle accordée dans le cadre de la clause existante n'est pas une modification du contrat : elle ne demande donc pas d'avenant. Ajouter une condition d'octroi, en revanche, en est une — et celle-là passe par l'Office avant d'atteindre les parents.
Source officielle : ONE — Flash Accueil n°41 : actualisation des contrats d'accueil (consulté le 17 septembre 2026)
Source officielle : ONE — Nouveaux modèles de contrat d'accueil (télécharger le modèle correspondant à votre milieu)
Source officielle : Arrêté du 2 mai 2019 fixant le régime d'autorisation et de subvention des milieux d'accueil (art. 11)