Vaccins obligatoires en crèche : la liste, le contrôle à tenir, et le calendrier qui change le 1er novembre 2026
Par Cyril Polizzi — fondateur de Solencis Kids, ancien directeur de crèche.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, un enfant qui fréquente une crèche ou une accueillante doit être vacciné contre sept maladies : la poliomyélite, la diphtérie, la coqueluche, l'Haemophilus influenzae de type b, la rougeole, la rubéole et les oreillons. Et c'est au milieu d'accueil — pas au médecin, pas aux parents — qu'il revient de vérifier que c'est fait, à l'entrée puis tout au long de l'accueil.
Cet article reprend ce que disent les textes, ce que l'ONE attend concrètement de la direction, et le changement de calendrier qui arrive pour les nourrissons le 1er novembre 2026.
Polio : la seule obligation nationale. Les six autres viennent de l'accueil
Les six autres vaccins ne sont obligatoires que pour fréquenter un milieu d'accueil. Leur base est l'arrêté du 2 mai 2019, qui fait du pouvoir organisateur le premier responsable :
Deux conséquences pratiques. L'exemption est médicale et c'est l'ONE qui l'octroie : un refus de principe des parents n'en est pas une. Et l'obligation ne s'arrête pas aux vaccins « faits à l'entrée » : c'est le schéma qui doit être respecté, donc aussi les doses qui tombent pendant l'accueil.
Le Programme de vaccination ajoute un point qui compte quand l'obligation s'inscrit dans le contrat :
C'est l'une des clauses à retrouver dans votre modèle — voir les mentions obligatoires du contrat d'accueil ONE.
Obligatoires et recommandés : la distinction qu'il ne faut pas laisser s'installer
Selon le Programme de vaccination, d'autres vaccins sont recommandés par l'ONE selon le calendrier de la FW-B : le tétanos, la méningite à méningocoques ACWY, le pneumocoque, l'hépatite B et le rotavirus. La page de l'ONE destinée aux familles qualifie de « fortement recommandés » ceux contre les pneumocoques, la méningite à méningocoques ACWY et l'hépatite B.
La même page explique que l'écart est historique : l'obligation a été votée avec les vaccins présents dans le calendrier à l'époque, avant l'arrivée de certains autres. Quand un parent demande « seulement les obligatoires », c'est cette explication qu'il est utile d'avoir sous la main — la décision médicale, elle, reste entre les parents et leur médecin.
Ce que la direction contrôle, et à quel moment
Concrètement, le contrôle tient en quatre gestes :
- Avant l'entrée : le certificat médical d'entrée. L'article 71 de l'arrêté prévoit que les parents le fournissent, et qu'il précise notamment les vaccinations déjà réalisées.
- Pendant l'accueil : le carnet de l'enfant. L'article 70 en fait le document de référence entre les intervenants et les parents ; c'est par lui qu'on suit la complétude du schéma.
- Quinze jours avant chaque échéance : un rappel aux parents.
- Un mois après l'échéance : la vérification que la dose a bien été faite.
Si les vaccinations sont faites ailleurs qu'au milieu d'accueil — en consultation ONE ou chez un médecin choisi par les parents —, l'article 69 précise que les parents fournissent la preuve des vaccinations. Le contrôle n'est donc possible que si cette preuve vous parvient : c'est elle qu'il faut demander, et ranger avec le dossier de l'enfant.
Retard ou refus : informer, laisser un délai, ne pas trancher seul
La décision n'appartient donc pas à la direction : son rôle est de repérer, informer et documenter. Notez la date du rappel, la date du constat, la date du contact avec le médecin et avec l'ONE. Le jour où la question se pose, c'est cette chronologie qui permet de montrer que le contrôle a été tenu.
Un cas particulier : les très jeunes bébés. Les premiers vaccins se font à 2 mois, et la page prévoit ceci pour un accueil plus précoce :
Ce qui change le 1er novembre 2026 pour les nourrissons
Le Programme de vaccination a annoncé le 15 septembre 2026 un nouveau calendrier des nourrissons, à la suite d'un avis du Conseil Supérieur de la Santé :
Pour une direction, l'effet est très concret : les dates auxquelles vous relancez les parents et vérifiez les doses ne sont plus les mêmes pour les enfants concernés. Un tableau de suivi construit sur l'ancien calendrier signalerait comme « en retard » une dose qui n'est plus attendue à cet âge — ou ne signalerait pas celle qui l'est.
- Mettez à jour votre tableau de suivi (papier, tableur ou logiciel) sur le calendrier effectif au 1er novembre.
- Ne tranchez pas vous-même les cas de transition. Les enfants dont le schéma a commencé avant le changement relèvent des règles de transition du dossier pratique publié par le Programme : c'est au médecin de la crèche, ou au médecin de l'enfant, de dire quel schéma s'applique.
- Prévenez l'équipe qui répond aux parents : les parents demanderont pourquoi les rendez-vous de vaccination de leur enfant ont changé.
Le suivi vaccinal, dans les faits
Ce contrôle est l'un des plus fastidieux à tenir à la main : une échéance par enfant et par dose, deux dates à surveiller pour chacune. Quelle que soit la forme de votre suivi, il doit permettre de répondre vite à trois questions : quels enfants ont une dose dans les quinze prochains jours, lesquels ont dépassé l'échéance d'un mois, et où se trouve la preuve. Les données de vaccination sont des données de santé : elles ont aussi leur place dans votre registre des traitements RGPD.
Et pour le versant « maladie » — éviction, certificat de retour, absences — voir l'article sur les absences et les justificatifs.
Si vous tenez ce suivi dans un logiciel — Solencis Kids compris —, vérifiez qu'il applique bien le calendrier du 1er novembre 2026 avant de vous fier à ses alertes. L'outil prépare les rappels ; c'est vous qui les validez, et le médecin qui tranche.
Sources
Source officielle : Programme de vaccination de la Fédération Wallonie-Bruxelles — calendrier de vaccination effectif à partir du 1er novembre (consulté le 10 octobre 2026)
Source officielle : ONE — « Vaccination de l'enfant » : les vaccins nécessaires pour fréquenter un milieu d'accueil, et ceux fortement recommandés (consulté le 10 octobre 2026)